Comment traiter la prostate chez l’homme ? | Guide complet
Avec l’âge, de nombreux hommes constatent des troubles urinaires liés à une augmentation du volume de la prostate, appelée adénome de la prostate ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Ce phénomène bénin peut entraîner des symptômes gênants : envies fréquentes d’uriner, jet faible, levers nocturnes… Heureusement, il existe plusieurs options pour soulager ces troubles, allant des médicaments aux traitements naturels, sans oublier des gestes quotidiens simples et des solutions innovantes comme l’embolisation des artères prostatiques.
1. Le traitement médical classique
Le traitement médicamenteux est souvent la première étape. Il vise à soulager les symptômes et ralentir l’évolution de l’HBP. Il comprend deux grandes familles de médicaments :
-
Les alpha-bloquants (ex. tamsulosine) : ils détendent les muscles de la prostate et de la vessie pour faciliter l’écoulement de l’urine. L’effet est rapide (en quelques jours).
-
Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase (ex. finastéride, dutastéride) : ils réduisent progressivement le volume de la prostate. Leur effet se manifeste après quelques mois.
-
Parfois, les deux types sont associés.
Ces traitements sont efficaces mais peuvent provoquer des effets secondaires : baisse de la libido, troubles de l’érection, éjaculation rétrograde. Ils doivent être prescrits et suivis par un médecin.
2. La phytothérapie : des plantes pour la prostate
Certaines plantes sont utilisées en complément ou en prévention pour améliorer les troubles urinaires bénins. Parmi les plus connues :
-
Serenoa repens (palmier nain) : l’un des extraits les plus étudiés pour réduire les symptômes d’HBP.
-
Pygeum africanum : issu d’un arbre africain, il agit contre l’inflammation.
-
Ortie (Urtica dioica) : propriétés diurétiques et anti-inflammatoires.
-
Pollen de seigle (Cernilton) : améliore le confort urinaire.
La phytothérapie peut avoir un intérêt modéré pour les troubles légers à modérés. Il est recommandé d’en parler à son médecin ou pharmacien pour éviter les interactions avec d’autres traitements.
3. Dix bonnes habitudes pour soulager la prostate
En plus des traitements, certains gestes simples peuvent améliorer le confort urinaire et ralentir l’évolution de l’HBP :
-
Limiter les boissons le soir, surtout le thé, le café ou l’alcool.
-
Aller uriner dès que le besoin se fait sentir, sans attendre.
-
Prendre le temps d’uriner, en évitant de se presser.
-
Réduire la consommation de caféine (café, cola, thé).
-
Limiter l’alcool, irritant pour la vessie.
-
Éviter les plats trop épicés, qui peuvent aggraver les symptômes.
-
Maintenir un poids stable, car l’obésité est un facteur aggravant.
-
Pratiquer une activité physique régulière, comme la marche ou la natation.
-
Éviter les efforts de poussée (constipation, port de charges lourdes).
-
Faire surveiller régulièrement sa prostate, même sans symptôme.
4. L’embolisation des artères prostatiques : une solution innovante et peu invasive
Quand les médicaments ne suffisent plus ou sont mal tolérés, il est possible de recourir à une technique innovante : l’embolisation des artères prostatiques.
En quoi consiste ce traitement ?
Réalisée par un radiologue interventionnel, l’embolisation est une procédure mini-invasive. Sous anesthésie locale, on introduit un microcathéter par l’artère du poignet ou de l’aine, puis on remonte jusqu’aux artères qui irriguent la prostate. De minuscules particules sont injectées pour réduire le flux sanguin vers la prostate, ce qui provoque sa diminution de volume et un soulagement des symptômes urinaires.
Quels sont les avantages ?
-
Pas de chirurgie, pas de cicatrice.
-
Pas de sonde urinaire systématique après le geste.
-
Pas d’anesthésie générale.
-
Risque faible de troubles sexuels.
-
Récupération rapide, souvent en ambulatoire.
L’embolisation est indiquée pour les patients qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas bénéficier d’une chirurgie classique. Elle fait l’objet d’un encadrement médical strict et nécessite une évaluation préalable par IRM ou échographie.
Conclusion
Les troubles de la prostate ne sont pas une fatalité. Aujourd’hui, de nombreuses options existent, allant du traitement médical aux approches naturelles, sans oublier des techniques modernes comme l’embolisation. En adoptant de bonnes habitudes de vie et en se faisant suivre régulièrement, il est tout à fait possible de vivre mieux avec une prostate un peu trop encombrante.