Tout savoir sur la résection endoscopique de la prostate (RTUP)
La résection endoscopique de la prostate (ou résection transurétrale de la prostate, RTUP) est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer l’adénome prostatique (la partie centrale hypertrophiée de la prostate) à l’aide d’un endoscope introduit par l’urètre. Elle reste la technique de référence pour traiter les symptômes urinaires liés à une hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), notamment lorsque les traitements médicamenteux ne sont plus efficaces ou mal tolérés. Cet article propose de faire le point sur cette opération chirurgicale, et ses éventuelles alternatives notamment l’embolisation de la prostate.
Technique et déroulement de l’intervention
L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachianesthésie. À l’aide d’un résectoscope, le chirurgien retire progressivement le tissu prostatique obstruant. Aucune incision n’est nécessaire, car tout se fait par les voies naturelles (urètre).
La procédure dure en général entre 45 minutes et 2 heures. En fin d’intervention, une sonde vésicale est mise en place pour permettre le drainage urinaire et un lavage continu afin d’éviter la formation de caillots.
Suites opératoires
Les premiers jours sont marqués par des envies fréquentes d’uriner, parfois des brûlures mictionnelles et des spasmes vésicaux. Ces symptômes sont normaux et régressent progressivement. Un saignement modéré dans les urines (hématurie) est fréquent et peut persister plusieurs jours. Une bonne hydratation est recommandée pour favoriser le nettoyage de la vessie.
Après le retrait de la sonde (généralement au bout de 2 à 3 jours), certains patients peuvent présenter une instabilité vésicale passagère ou une incontinence transitoire. Ces symptômes se corrigent généralement avec le temps.
Résultats attendus
La RTUP permet dans 80 à 90 % des cas une nette amélioration du débit urinaire et une réduction significative des symptômes (fréquence, impériosité, jet faible, sensation de vidange incomplète). Chez la majorité des patients, les effets bénéfiques sont durables.
Cependant, des effets secondaires peuvent survenir :
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Éjaculation rétrograde (fréquente),
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Incontinence urinaire (<1 %),
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Dysfonction érectile (rare et le plus souvent transitoire),
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Sténose urétrale ou col vésical (dans environ 10 % des cas),
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Risques de saignement ou, plus rarement, syndrome de réabsorption du liquide de lavage (syndrome TURP).
Alternatives à la RTUP
Parmi les alternatives moins invasives, on retrouve :
🔹 L’embolisation des artères prostatiques
L’embolisation prostatique est une technique radiologique mini-invasive réalisée en ambulatoire, sans anesthésie générale ni incision. Elle consiste à obstruer sélectivement les artères qui vascularisent l’adénome prostatique à l’aide de microbilles injectées par voie artérielle (généralement via une ponction au niveau du poignet ou de l’aine). Cette réduction du flux sanguin entraîne une diminution progressive du volume prostatique et une amélioration des symptômes urinaires.
Les avantages principaux de cette méthode sont :
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Préservation des fonctions sexuelles (pas d’éjaculation rétrograde),
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Moins de risques de complications que la chirurgie,
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Absence de sonde vésicale prolongée,
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Retour rapide aux activités quotidiennes.
L’embolisation est particulièrement indiquée chez les patients âgés, ceux présentant des contre-indications à l’anesthésie ou souhaitant éviter une intervention chirurgicale classique. Les études cliniques montrent des résultats comparables à la chirurgie à 1 an, avec un profil de tolérance très favorable. Elle est aujourd’hui de plus en plus utilisée, notamment dans les centres spécialisés.
🔹 Les autres techniques mini-invasives
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Rezum : injection de vapeur d’eau dans la prostate, détruisant le tissu par thermothérapie ; conserve l’éjaculation dans la majorité des cas.
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Urolift : mise en place d’implants mécaniques pour élargir l’urètre prostatique sans ablation de tissu.
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Adénomectomie sus-pubienne : chirurgie classique réservée aux très grosses prostates (> 80-100 g). Peu pratiquée aujourd’hui étant donné l’apparition d’alternatives moins invasives.
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Incision cervico-prostatique : alternative pour les prostates de petit volume, avec moins de risques d’effets secondaires sexuels.
Conclusion
La résection endoscopique de la prostate reste aujourd’hui le traitement de référence de l’HBP lorsque la gêne est importante ou que les traitements médicaux échouent. Cependant, plusieurs alternatives efficaces existent, notamment l’embolisation prostatique, qui combine efficacité, préservation des fonctions sexuelles et faible morbidité. Le choix du traitement doit être personnalisé, en fonction de la taille de la prostate, des antécédents médicaux, des attentes du patient, et des risques potentiels. Un échange approfondi avec l’urologue ou le radiologue interventionnel est essentiel pour choisir la stratégie la plus adaptée.